jeudi 1 mai 2014

La naissance de l'univers suivant le Très Saint Coran (partie 2) - Pierre Soumarey

... Mais l'Archétype n'est pas simplement une réalité informelle, elle est codifiée en la forme d'une Écriture. Il existe une Écriture Primordiale qui fixe le projet Divin, dans un Livre bien gardé et Évident. L'existence sensible incorpore en elle, cette intention sous forme d'information codée, pour s'y conformer.  Cette précision nous est rapportée par la révélation d'un autre verset, où ce Livre est mentionné sous l'appellation d' OMMOU AL KITABI (le Livre Primordial, mère et matrice de toute existence)

" Et, il y' a auprès de Lui, l'Écriture Primordiale " Sourate 13:39

" Il, est dans l'Original devant Nous, sublime et plein de sagesse " Sourate 43:4

L'obéissance de la nature (l'Univers et son contenu) à " l'Intention Archétypale" trouve en science, son application dans le principe de la " non-localisation" attestée par l'une des théories de la physique quantique, dans le cadre d'un système parfaitement intriqué, comme nous l'avons déjà vu à propos de l'Archétype, qui forme avec l'Univers sensible un système imbriqué, global, et général. L'Univers fait partie intégrante et indissociable, d'un " Grand Tout" : l'espace-temps infini de l'existence. Il représente la partie visible et observable de ce dernier. Dès lors nous avons affaire à un ensemble, donc un groupe d'éléments constituant un tout, formant un système, avec ses inclusions, ses relations et ses fonctions. Les éléments de ce système ont des propriétés et des liens communs, dont l'espace, qui dès lors leur devient inséparable.

" Des systèmes peuvent être intriqués de sorte qu'une interaction en un endroit du système a une répercussion immédiate en d'autres endroits. Ce phénomène contredit en apparence la relativité restreinte pour laquelle il existe une vitesse limite à la propagation de toute information, la vitesse de la lumière"

Ce concept peut paraître plutôt étrange, très inhabituel, en tout cas assez éloigné de notre expérience de la vie quotidienne, mais comme la mécanique quantique a passé avec succès tous les tests expérimentaux auxquels ses théories et propositions ont été soumises, nous devons l'accepter comme une description exacte de la réalité. Cette science choque encore nos habitudes de pensée, malgré sa formalisation mathématique, alors qu'elle ouvre de nouveaux horizons à la connaissance et la conception de l'Univers.

" Personne ne comprend vraiment la physique quantique." (Richard Phillips Feynman (1918-1988), Prix Nobel de physique, 1965)
L'Atome

Nous aurons l'occasion de revenir plus en détail sur cette cette notion ultérieurement, notamment en ce qui concerne les aspects relatifs à la transférabilité et au transport de l'information, ainsi que dans la partie réservée à " la construction de l'être adamique". Nous traiterons également la question de savoir s'il existe dans le monde du vivant des phénomènes obéissants aux mêmes règles, que celles de l'infiniment petit, puisque le Très Saint Coran précise qu'elles s'appliquent à toute chose, qu'elle soit "du poids d'un atome, plus petit ou plus grand". Proposition qui semble à priori, aller à l'encontre de l'idée généralement admise, que le monde macroscopique est trop complexe et chaotique, pour permettre des effets de cohérence quantique.

Le Très Saint Coran apporte donc une révélation révolutionnaire par rapport à l'histoire des religions, mais aussi, de celle de la science. En effet, si la religion à eu l'intuition d'un Archétype, elle n'a jamais soupçonné qu'il était fixé par écrit. Par rapport à notre intelligence de l'Univers et de l'histoire, nous n'avons jamais pensé un seul instant, tant en religion qu'en science, que ces éléments étaient régis par une Écriture Primordiale. Nous n'avons jamais envisagé auparavant, la matière avec la notion nouvelle d'un "infiniment petit" introduite par le Très Saint Coran au VII ème grégorien. Tout ceci est révolutionnaire, et très en avance sur l'humanité. La notion d'Archétype ne fait pas de doute en Islam. La notion coranique est cosmique, elle est complétée par la " sunna " qui en donne une notion matérielle. Ces deux aspects forment une réalité qui lui donne par cette nature, la capacité de se manifester dans le monde de façon sensible, donc observable.

" Al Hâfiz Al Qâsim At Tabarâni (qu'Allah lui fasse miséricorde) rapporta d'après Sayyidunâ 'Abdu Llâh Ibn Al 'Abbâs (qu'Allah l'agrée ainsi que son père) que le Messager d'Allah (que le Salut et la Paix d'Allah soient sur lui) a dit: " Allâh a créé la Table bien gardée (Al Lawh Ul Mahfûz) à partir d'une perle blanche. Ses feuilles sont faites en hyacinthe rouge, sa plume est faite de lumière tout comme son livre. Chaque jour, en 360 secondes, Allâh crée, dispense des ressources, fait mourir et fait vivre, donne la puissance et avilit. Il fait ce qu'Il veut."

Et Al Imâm Ismâ'îl Ibn Kathîr (qu'Allâh lui fasse miséricorde) rapporta dans son ouvrage intitulé Al Bidâyah wa An Nihâyah que Sayyidunâ Ibn Al 'Abbâs (qu'Allâh l'agrée ainsi que son noble père) a dit:

" La Table bien gardée est faite à partir d'une perle blanche. Sa longueur est pareille à la distance entre le ciel et la terre, et sa largeur est pareille à la distance entre l'Est et l'Ouest. Ses extrémités sont faites de perles et de hyacinthe, ses battants sont faits de hyacinthe rouge, sa plume est faite de lumière, ses propos sont liés au Trône et son origine se trouve dans le giron d'un Ange."

Et il rapporta que Sayyidunâ 'Abdu Llâh Ibn Al 'Abbâs (qu'Allâh l'agrée ainsi que son noble père) a dit également :
" Au centre de cette Table, on trouve cette inscription : " Il n'y a de divinité qu'Allâh, l'Unique. Sa religion est l'Islam et Muhammad est Son serviteur et Son Messager" (Al Muwahhidûn)

Nous avons affaire incontestablement à un archétype, qui est au sens étymologique du terme un modèle général (du grec arkhetupon, "modèle primitif", par l'intermédiaire du latin archetypum).
Qu'est-ce qu'il faut entendre par modèle ? " Du latin populaire modellus variante du latin classique modulus, diminutif de modus ("manière" ou "mode"). Le mot "modèle" serait un emprunt à l'italien "modello" du XVIème siècle. Il est alors employé dans le sens d'une représentation miniature de ce qui sera construit en grand, au sens de "modèle-réduit" ou de "prototype", de "maquette". Il prendra au cours des siècles suivant le sens d'"objet référent", puis d'"idéal à imiter"."



En philosophie il est représentatif du sujet. En psychologie analytique il est depuis Carl Gustav Jung, le symbole universel d'un type ou d'une personne, servant de modèle à un groupe. Au cas d'espèce, il servirait de modèle général à l'humanité, aux mondes, et à l'univers tout entier.

Le symbole peut être un objet, une image, une écriture, un son ou une marque particulière qui représente quelque chose d'autre par association, ressemblance ou convention. Sans nous engager dans les théories développées par la sémiologie et la sémiotique quant aux division du symbole en tant que signe, comportant un signifié et un signifiant, nous pouvons dire au cas présent, et au regard de l'histoire de la religion, que le sens de l'archétype n'est pas dévoilé à partir de la représentation mentale que nous faisons de la relation entre le véhicule du signe, agissant comme signe matériel, et l'interprétant, en occurrence la religion, qui lui donnerait une signification à travers la pensée qu'elle exprime.

Ici, l'Archétype, en tant que référent, se définit sur une base objective comme étant un symbole-modèle, perceptible et concevable, qui s'exprime dans la nature, le Cosmos, et l'homme. Son sens réside dans la proposition coranique, qui invite à observer les signes que dévoilent et expriment d'une part, les effets et les lois du prototype Primordial de la Création en œuvre dans l'Univers, pour se convaincre de l'existence d'une Déité, et d'autre part, à découvrir une des réalités de la Déité, se présentant comme une Intelligence Pure et Toute-Puissante, en qui tout subsiste et qui gouverne à toute chose, à partir d'un modèle prédéfini, qu'Il a arrêté par Décret Divin : l'Archétype, lequel est fixé dans une Écriture Primordiale diffusée dans tout l'espace-temps de l'existence, sous forme d'instruction à exécuter et d'informations à observer. Ici, le Très Saint Coran nous dévoile une représentation nouvelle du mode d'être de Dieu (Allâh). Son intention et Ses décrets sont consignés dans l'Écriture Primordiale, une structure par laquelle Il manifeste une partie de Son Être, Sa pensée, son Plan et l'Architecture de Sa Création, dont l'Archétype sert de modèle général pour orienter le devenir de tout l'Univers et de tous les êtres  (vivants et inanimés).

Dès lors l'on peut conclure que l'Univers est doté au départ de toutes les propriétés requises pour aboutir à l'équilibre de ses structures, l'harmonie de la nature, l'apparition de la vie, une dynamique de progrès continue des "êtres subdivisionnaire" vers " l'Être". Tel est la réalité profonde du progrès de l'homme. Ce scenario d'évolution est écrit dans l'Archétype, ainsi que celui de la survenance des évènements qui affectent sensible. Le Prophète nous enseigne aussi que l'Archétype n'est pas figé, il est constamment actualisé, en ce qui concerne la prédestinée individuelle, et qu'il a une modalité matérielle d'expression, donc observable : une écriture. Tout l'enjeu de notre travail est de détecter la présence de cette écriture dans le monde matériel, de la décoder avec l'aide de la science.

L'image de l'Archétype Primordial de Dieu est profondément enfouit dans l'inconscient de l'homme, comme l'affirme la tradition musulmane, et comme le démontre l'histoire des religions. Nous aurons l'occasion d'expliquer plus tard comment et pourquoi. En effet, en psychanalyse, la notion d'archétype recouvre une signification propre, elle se réfère à des préformes vides qui organisent la vie instinctive et spirituelle, structurent les images mentales (pensées, fantasmes, rêves, inspirations, révélations subliminales...). Il sera le ressort de toute la démarche religieuse, des faits et phénomènes religieux, qui ont jalonnés l'histoire de l'humanité. C'est peut-être aussi l'origine du sentiment religieux en l'homme, l'écho d'un appel informel profondément ancré dans son subconscient. La résurgence d'une mémoire enfouie en lui, depuis " Le Commencement".
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Source : L'homme face à sa finalité (Pierre Soumarey)
Publié aux éditions du Panthéon à Paris



jeudi 24 avril 2014

La naissance de l'univers suivant le Très Saint Coran (partie 1) - Pierre Soumarey

La théorie d'une création "ex nihilo" de l'Univers, par un Créateur Tout-Puissant et Omniscient, suivant le modèle d'un Archétype ontologique.

Le Saint Prophète de l'Islam, Mohammad SAAWS (Sala Allehi, Allehou wa Salam) a légué à la postérité le surprenant enseignement selon lequel, "au commencement était la plume".

En recevant ce Hadith (un hadith désigne une communication orale du Prophète de l'Islam Mohammad SAAWS, et par extension un recueil qui comprend l'ensemble des traditions relatives aux actes et aux paroles du Prophète et de ses compagnons, considérés comme des principes de gouvernance personnelle et collective pour les musulmans, que l'on désigne généralement sous le nom de "tradition du Prophète" ou "Sunna"), je me suis longtemps interrogé, sur la signification profonde de cette phrase, de cette affirmation. Que voulait-elle dire ? Qu'est ce qui était avec cette plume ? Qui avait écrit avec cette plume ? Quel est le support de cette écriture ? Comment est-elle révélée ? Comment prouver son existence ? Comment se manifeste-t-elle ?

Les premières réponses me sont venues de la lecture du Très Saint-Coran, et j'ai compris qu'il s'agissait des livres célestes, au nombre de quatre: La Table bien gardée "AL LAWH UL MAHFUZ", le livre-mère et matrice de toute chose, dans lequel est déployé le détail sur toute chose, "OUMMOU ou OUMMI AL KITABI", ensuite viennent le Livre de la Prédestinée, le Livre des comptes dans lequel sont inscrits, tous les actes et paroles des hommes jusqu'au détail le plus insignifiant, et enfin le Livre de la Révélation qui en termine la liste. Cette écriture est-elle écrite uniquement sur ces Livres ?  De quelle nature sont ces Livres ?



Ce qui retiendra notre attention est le premier Livre, pour son importance évidente et pour sa portée, qui servira les besoins de notre démonstration ultérieure. Tentons d'en savoir plus sur ce Livre Sacré, qui contient le Prototype Céleste de l'existence sensible, le Livre Évident, dont la garde renforcée, trahit la présence d'une chose de la plus haute importance, cachée et bien sécurisée, un secret inaccessible, contenant les Lois et Décrets immuables, qui gouvernent aux mondes (7 dans la tradition musulmanes). L'ébauche  de tout ce qui sera produit dans l'existence. Le Très Saint-Coran se réfère en de nombreux endroits à ce Livre, sous l'expression de " La table bien gardée" ou en le désignant la plupart du temps, sous le vocable arabe de " Kitabin" (le mot Kitab signifiant livre) :

"Nul être marchant sur la terre, nulle volaille volant de ses ailes, qui ne soit comme vous en communauté. Nous n'avons rien omis d'écrire dans le Livre. Puis, c'est vers leur Seigneur qu'ils seront ramenés." Sourate 6: 38

Cette sourate, essentiellement mecquoise, attire l'attention sur les éléments de l'Univers, pour attester l'omniscience et l'omnipotence de son " Créateur ". Bien évidemment, à ce stade très prématuré du développement de notre propos, le lecteur devra accepter l'existence d'un " Créateur" comme un postulat, qui sera démontré ultérieurement. Pour l'instant, il s'agit simplement d'une première approximation, qui nous invite à une prise de conscience de l'étendue infinie des qualités du "Créateur" de l'Univers, tout en signalant à notre attention que tout ce qui existe et survient dans l'Univers est connu d'avance et inscrit dans l'Archétype Primordial, qui a arrêté la genèse, le mode d'être et le devenir de toute chose. C'est ce dernier qui est identifié dans le contexte Coranique, comme étant le " Livre Mère" avec des termes équivalents.

" Et auprès de Lui sont les clés de l'invisible. Ne les connaît que Lui. Et Il connaît ce qui est dans la terre ferme, comme dans la mer. Et pas une feuille ne tombe qu'Il ne le sache. Et pas une graine dans les ténèbres de la terre, et rien de frais et de sec, qui ne soit dans le Livre Évident." Sourate 6:59

Les versets qui se réfèrent au Livre dans lequel sont consignées les prescriptions de Dieu, relatives au devenir des chose, avant même qu'elles ne surviennent à l'existence, sont nombreux. Cet enseignement a fait dire à certains que l'Islam était fataliste. Nous verrons plus loin que ce jugement est erroné, et relève d'une profonde méprise sur l'essentiel de son enseignement.

" Ni sur terre, ni dans le ciel, n'échappe à ton Seigneur, chose du poids d'un atome. Et de plus petit, ni de plus grand, rien qui ne soit dans un Livre Évident" S. 10:61 (cf. 57:22; 23; 27:75, 34:3)

"Pas de mystère dans les cieux et sur la terre qui ne soit noté dans l'Écrit Évident." S. 27:75 (Trad. A. Chouraqi)

Il est remarquable que le Très Saint-Coran, nous apprenne au détour de cette information relative à l'existence d'un Livre pré-existentiel où tout est écrit, que l'atome, n'est pas la plus petite particule de la matière. En effet, nous savons désormais, et depuis peu, qu'il existe d'autres éléments de dimension encore plus réduite que celle de l'atome, comme les photons ("grains" de lumière) et les gluons (qui n'ont pas de masse), les bozons de Higgs (qui transportent certaines forces), les neutrinos et quarks (6 types connus par la physique des particules). Il est encore plus remarquable que le Très Saint Coran mentionne cette réalité, treize siècles avant que la science ne la découvre. Ce n'est pas un effet de style dans le Texte Sacré, mais une vérité scientifique qui est soulignée ici. Ceci est la caractéristique de la science du Très Saint Coran, une science très en avance sur celle de l'humanité.

Pour nos citations du Livre Saint, nous avons choisi de suivre la traduction du professeur Muhammad Hamidullah (nouvelle édition corrigée et augmentée 1989, Amana Corporation), seulement pour son autorité en la matière, mais surtout pour sa parfaite maîtrise de la langue d'origine (l'arabe) et de la langue de destination (le français). Lorsqu'une expression nous paraîtra plus appropriée ou plus proche de notre entendement, nous procéderons à une modification partielle de la traduction ou une substitution entière, sans le signaler, pour ne pas alourdir inutilement notre travail, dans la mesure ou le sens demeure strictement identique.

Ces versets, outre qu'ils mettent en évidence l'omniscience d'Allah (Dieu) pour le fait que sa science embrasse toute chose, nous relèvent deux choses centrales: 1 - l'existence d'autres réalités, au-delà du sensible : l'invisible. 2 - L'existence d'un Livre où  tout est consigné dans sa latente, son actualité et sa potentialité, qui établit suivant une planification arrêtée d'avance, l'activité et le devenir de toute chose.

Certains auteurs, dont le Professeur Hamidullah, parlent de "prédestination", cette équivalence n'est acceptable que dans la mesure où elle s'appliquerait à toute chose, et non seulement au destin de l'homme, comme le serait une fatalité au sens théologique et anthropologique du terme. Il s'agit d'avantage d'un déterminisme, au sens d'un devenir programmé d'avance, s'appliquant à l'Univers tout entier et à tous les éléments qui le composent. L'état des choses dans leur mode d'existence, ainsi que leur devenir sont contenus dans ce déterminisme, avant leur surgissement à la réalité sensible, de sorte qu'ils sont prédictibles, par celui qui en a la parfaite connaissance. Ce qui explique qu'elle soit le privilège exclusif de la Déité, et soit aussi un secret bien gardé.

"Dans un tourbillon de poussière qu'élève un vent impétueux; quelque confus qu'il paraisse à nos yeux, dans la plus affreuse tempête excitée par des vents opposés qui soulèvent les flots, il n'y a pas une seule molécule de poussière ou d'eau qui soit placée au hasard, qui n'ait sa cause suffisante pour occuper le lieu où elle se trouve, et qui n'agisse rigoureusement de la manière dont elle doit agir. Un géomètre qui connaîtrait exactement les différentes forces qui agissent dans ces deux cas, et les propriétés des molécules qui sont mues, démontrerait que, d'après les causes données, chaque molécule agit précisément comme elle doit agir, et ne peut agir autrement qu'elle ne fait." (Paul Henry Thiry d'Holbach, "Système de la nature")



Le déterminisme pose une nécessité causale non spéculative comme en philosophie, selon laquelle la succession des événements et des phénomènes est due à un principe de causalité. Il y'a un lien de dépendance à des lois, que seule une science supérieure rend possible et prédictible. En l'espèce, celle de Dieu selon le Très Saint-Coran. Le sens des versets précité est d'affirmer qu' Allâh est omniscient et que toute contingence dans les cieux comme sur la terre, et dans ce qu'il y a entre les deux, est connue d'avance de Lui et inscrite dans un Livre. Il a la capacité à partir de cette connaissance de les prédire, rien de ce qui existe ou se produit dans l'existence ne peut Lui échapper de ce fait. Cela s'applique à tous les éléments de l'Univers entier. Ceci démontre l'étendue de Sa Science, car elle procède également d'une connaissance approfondie des propriétés déterminant chaque chose, Lui permettant de prévoir la chaîne des réactions qui sont nécessaires pour parvenir aux résultats désirés dans son projet. Il maîtrise parfaitement tous les paramètres et aléas, de cet enchaînement de causes à effets, qui produisent les résultats que nous observons dans la nature et l'Univers, dans leur état et leur devenir.

Ceci nous conduit à la conclusion que rien n’apparaît ou ne se produit dans l'existence et dans l'univers qui ne soit rigoureusement planifié. A l'inverse, le hasard est un aveu d'ignorance. C'est l'impuissance  de la raison à saisir cette science, qui traduit notre incapacité à comprendre la complexité de ces phénomènes pour les expliquer, à un point tel que la raison y renonce. C'est ce mécanisme et cette attitude, que nous appelons communément le hasard. Le Très Saint Coran affirme que l'origine de l'Univers et de la vie qui s'y exprime est le résultat de la mise en œuvre d'une science supérieure que Lui seul possède, et répond à une intention et un projet. C'est un pan du mécanisme et des modalités de cette mise en œuvre qu'Il dévoile.

C'est cela la grande Révélation : le devenir de toute chose est inscrit, et programmé d'avance. La Prescription mère est le Livre où sont écrits d'avance (pré-scrits), non seulement les "Commandements d' Allâh", mais aussi les décrets particuliers qui font des événements et des êtres ce qu'ils sont. La programmation de toute existence, celle de l'Univers et de ce qu'elle contient. Tout est écrit : le destin des hommes et des choses.

Nous avons sélectionné quelques versets pour confirmer et renforcer ce qui précède :
"... Il n'y a rien de caché dans le ciel et la terre qui ne soit dans un Livre Évident..." Sourate 27:75

"... Aucune existence n'est prolongée ou abrégée sans que ce ne soit dans un Livre..." Sourate 35:11

"Pas une atteinte de malheur n'atteint n'atteint, - ni en la terre, ni en vous-même, - que ce ne soit dans un Livre, avant même que Nous l'ayons créée - oui, c'est facile à Dieu." Sourate 57:22

Il est une évidence manifeste, que si rien de ce qui est  dans l'Univers, n'échappe à ce Livre, il ne peut être que l'Archétype. En effet, de l'infiniment petit à l'infiniment grand, il englobe toute chose et toutes les contingences. Celui-ci sera d'ailleurs désigné avec plus de précisions dans  le Saint Coran sous le vocable de " IMAMIN", qui le qualifie comme tel.

" Nous avons dénombré toute chose dans un Archétype évident" Sourate 36:12

à suivre

Source: L'homme face à sa finalité (Pierre Soumarey)
Publié aux éditions du panthéon à Paris

jeudi 27 mars 2014

Une sagesse éperdue d'Amour dans un verbe d'Ibrahim - Ibn'Arabi



La Mecque
L'ami-intime (1) a été désigné par ce nom (2) parce qu'il pénètre et renferme (3) tout ce qui qualifie l'Essence Divine. Le poète a dit:

Tu m'as pénétré comme chemine (4)  l'Esprit en moi
C'est pour cela que l'Ami-intime a été désigné par ce nom :

de la façon dont la couleur pénètre l'objet coloré (5), l'accident épousant la forme de la substance, non de la façon dont un être étendu occupe un espace.

Ou bien (6) parce que Dieu a pénétré la réalité actuelle de la forme d'Ibrâhim - sur lui la Paix !

A partir de là (7), toute attribution est valable; chacune se manifeste à sa place et en respecte les limites. Ne vois-tu pas que Dieu se manifeste avec les attributs des êtres éphémères (8) - Il nous en a informé Lui-même - y compris celles qui impliquent le défaut et la blâme ? Et ne vois-tu pas que l'être créé (9) est manifesté avec les Attributs de Dieu, du premier jusqu'au dernier ? Tous lui appartiennent véritablement (10), tout comme les attributs des êtres éphémères appartiennent véritablement à Dieu (11).

La Louange est Allâh (12) : c'est à Lui que reviennent (finalement) toutes les louanges, en tout louangeur et en tout louangé (13) : C'est à Lui que revient l'Ordre tout entier (14), ce qui comprend aussi aussi bien ce qui est blâmable que ce qui est louable :
tout entre dans ces deux catégories.

Sache qu'une chose ne peut pénétrer une autre sans y être comprise. Celui qui pénètre est caché par celui qu'il pénètre. Ce dernier est l'apparent, alors que le premier est caché à l'intérieur: il est sa nourriture (15), tout comme l'eau, lorsqu'elle imprègne (16) la laine, en fait croître le volume. Si c'est Dieu qui est (considéré comme) l'Extérieur, la créature est cachée en Lui; elle est l'ensemble des Noms Divins : Son Ouïe, Sa Vue, l'ensemble des aspects qui Lui sont attribués (17) et Ses perceptions. Au contraire, si c'est la créature qui est (considéré comme) l'extérieur, Dieu est caché et intérieur en elle: Il est son ouïe, sa vue, sa main, son pied et l'ensemble de ses facultés, ainsi que le rapporte un hadîth authentique (18).

De plus, si l'Essence était dépourvue de ces attributions, elle ne serait pas " Dieu " (19). Or, ces attributions proviennent de nous (20); c'est nous, par le fait que nous sommes nécessairement soumis à une Divinité, qui Le faisons Dieu. Il ne peut être connu que si nous le sommes nous-même, car il a dit (21) - sur lui la paix ! - " Celui qui se connaît soi-même connaît son Seigneur ", lui qui est la créature qui possède la science la plus grande au sujet d'Allâh. Pourtant certains penseurs (22), dont Abû Hamîd,  prétendent qu'Allâh peut être connu sans que l'on considère le monde, mais c'est là une erreur. Certes, on peut savoir qu'il y a une Essence principielle et éternelle, mais non que celle-ci est " Dieu " tant que l'on ne connaît pas ce qui est soumis à la fonction Divine, et qui est l' "informateur" (23) à Son sujet.

Puis, à un deuxième degré (24) de connaissance, le dévoilement intuitif nous apprend que c'est Dieu Lui-même qui est cet informateur à Son propre sujet et au sujet de Sa Divinité; et que le monde n'est rien d'autre que Sa théophanie dans les formes revêtues par les (25) essences immuables dont l'existenciation (26) serait impossible sans Lui; et qu'Il se diversifie en de multiples formes (27) en fonction des réalités principielles de ces essences, et de leurs états passagers (28). (Tout) ceci vient après la science à Son sujet provenant de nous et qui L'a établi comme "Dieu" pour nous.

Enfin, un autre dévoilement se produit, qui te fait apparaître nos formes en Lui (29) : nous apparaissons   les uns aux autres en Dieu; nous nous connaissons les uns les autres, et nous nous distinguons les uns des autres. Certains d'entre nous savent que cette connaissance que nous avons de nous-mêmes s'opère en Dieu; d'autres ignorent la Dignité Divine en laquelle elle s'opère. Je prends refuge en Allâh pour ne pas être d'entre les ignorants !

De la réunion de ces deux dévoilements, (il résulte qu') Il nous juge (30) par nous. Non ! C'est plutôt nous qui nous jugeons nous-mêmes, mais en Lui (31). C'est pour cela qu'Il a dit : Allâh détient l'argument décisif... (32); c'est à dire à l'encontre des êtres voilés lorsqu'ils diront à Dieu (33) : " Pourquoi as-Tu fais de nous ceci ou cela ?" (c'est à dire ce) qui ne convenait pas à leurs désirs individuels. Alors le fondement (leur) sera dévoilé (34) : c'est à dire la réalité même (35) dont les Connaissants ont ici- bas le dévoilement intuitif. Ils verront alors que ce n'est pas Dieu qui a fait d'eux ce qu'ils prétendaient qu'Il avait fait, et que cela venait d'eux-mêmes : Il les connaît uniquement tels qu'ils sont (36). Dès lors leur argument ne tiendra pas (37), et l'argument décisif demeurera en faveur d'Allâh le Très-Haut.

Si tu rétorques : " Quelle est alors l'utilité de Sa Parole ...S'Il avait voulu, Il vous aurait tous guidés ? (38)", nous répondrons : dans (l'expression) "s'Il avait voulu", la particule law (39) indique le rejet d'une impossibilité (40); (autrement dit :) Il veut la chose uniquement telle qu'elle est. S'il est vrai que, pour l'intellect créé, l'essence de la contingence (41) est d'admettre une chose aussi bien que son contraire (42), néanmoins (43) celui des deux termes (de l'alternative) qui se réalise effectivement est celui-là même que l'être contingent comporte dans son état principiel. " Il vous aurait tous guidés" signifie (en réalité) " Il vous aurait (tous) rendu à l'évidence". Mais Allâh (ne l'a pas voulu, car Il) n'ouvre pas la vue subtile de tout être contingent faisant partie de ce monde pour lui faire voir la réalité telle qu'elle est en elle-même : certains possèdent la science, d'autres sont ignorants (44).

Dieu "n'a pas voulu" : Il ne les a donc pas "guidés tous". Il ne veut pas. De même, "s'Il voulait" (45), mais pourrait-Il vouloir (pareille chose) ? Cela ne peut pas être (46) car la Volonté principielle est "une" dans ses applications : elle est une relation conceptuelle (47) qui "suit" la science; et la science est une relation conceptuelle qui "suit" l'objet connu; et l'objet connu, c'est toi et tes états passagers. La science est sans effet sur son objet; au contraire, c'est son objet qui a un effet sur elle et qui lui communique à partir de lui-même ce qui lui appartient en propre (48). Le discours Divin tient compte de la compréhension de ceux auxquels il s'adresse (49) et s'exprime selon la raison, non selon le dévoilement intuitif; c'est pourquoi les croyants sont nombreux alors que les Connaissants doués d'intuition ne le sont pas.

Il n'est aucun d'entre nous qui ne possède une Station faisant l'objet d'une science (Divine) (50) :
il s'agit de ce que tu es dans ton état immuable et que tu manifestes par ton existence (51), du moins si l'on maintient que tu possèdes une réalité propre. (Du reste), même si l'on maintient que la réalité actuelle appartient à Dieu et non à toi, c'est encore indubitablement à toi qu'appartient la détermination de ton statut au sein de la Réalité Divine. (A plus forte raison) en sera-t-il ainsi si l'on maintient que l'être doué de réalité actuelle (52), c'est toi; car bien que cette détermination soit opérée par Allâh (53), seule lui revient (en cela) l'effusion de la réalité actuelle sur toi. C'est à toi qu'appartient la détermination du statut qui t'est applicable : il n'y a que toi-même qui mérites la louange, il n'y a que toi-même qui mérites le blâme. La seule louange qui reste à Dieu est celle qui est celle qui est inhérente à l'effusion sur toi de la réalité actuelle, car c'est à Lui qu'elle revient, et non à toi. C'est toi qui est Sa nourriture par les déterminations statutaires et c'est Lui qui est ta  Nourriture par la réalité actuelle (54) : ta propre détermination Le détermine. L'ordre existencié (55) va de Lui à toi et de toi à Lui. Sauf que c'est toi qui est désigné comme étant "soumis à l'astreinte légale", et Il ne t'y a soumis que parce que ton propre état (56) Lui disaient : "Soumets-moi à l'astreinte !"; Lui-même ne peut être désigné ainsi.

Il chante ma louange et je chante la Sienne
Il est mon serviteur (57) comme je suis le Sien.
Dans un certain état je Le reconnais, et
dans les êtres (produits) je Le renie.
Il me connaît et je Le rejette,
Le connais et Le contemple.
Où est Son "indépendance",
alors que je Lui apporte assistance et faveur ? (58) 
C'est pour cela que (59) Dieu m'a donné l'existence :
afin que je Le connaisse et Lui donne à mon tour la Sienne.
Le hadîth nous l'apprend :
Il a réalisé en moi ce qu'Il recherchait.

Comme l'Ami-intime possédait ce degré (60) - qui lui a valu son nom - il prescrivit la Règle traditionnelle (61) de servir un repas (à l'hôte). Ibn Massara (62) l'a préposé avec Mîkâ'îl à l'octroi des nourritures qui assurent la subsistance de ceux à qui elles sont destinées. La nourriture pénètre totalement (63) celui qui l'absorbe et envahit tous ses membres. Certes, il n'y a pas à envisager de parties en Dieu (64); néanmoins (65), il faut nécessairement pénétrer l'ensemble des "Stations Divines" exprimées par les Noms, afin que Son Essence soit rendue manifeste - que Sa Majesté soit exalté !

Nous sommes à Lui comme le montrent
nos preuves et nous sommes à nous.
Il ne possède que mon Etre (66)
Nous sommes à Lui et nous sommes par nous (67).
J'ai deux faces : Lui et moi
Il n'a pas de Moi en moi.
Mais c'est en moi qu'est le lieu de Sa manifestation :
nous sommes à Lui à la façon d'un  récipient.

Allâh dit le Vrai et Il guide sur la Voie (68).
Source: Le livre des chatons des sagesses (Ibn Arabi)





  1. Al-khalîl. C'est l’appellation emblématique traditionnelle d'Abraham, fondée sur le verset: et Allâh a pris Ibrahim comme Ami-intime (cor. 4, 125). Le sens de pénétration est exprimé par le verbe takhallala, de la même racine que khalil; nous l'avons traduit aussi par "imprégner" (§2) et on le retrouve à la fin du texte (§6) à propos de la nourriture.
  2. Littéralement: a été appelé "ami intime".
  3. La notion d'intimité implique une réciprocité: on a pour ami-intime celui dont on est l'ami-intime; il y a donc "interpénétration" de sorte que l'on "pénètre" et que l'on "renferme". Faute d'avoir saisi cette nuance, Austin traduit erronément le début du vers par "Je T'ai pénétré".
  4. Maslak. L'image est celle de l'"esprit vital" qui se répand, à partir du centre de l'être, dans toutes les facultés et les membres de son corps.
  5. Al-mutalawwan. Bâlî est seul à lire al-matalawwin: "de la façon dont pénètre la couleur d'un colorant".
  6. Aw. Jâmî indique la variante wa (et) qui supprime l'alternative en introduisant l'idée qu'Abraham, en tant qu'"ami-intime", réunit les deux aspects.
  7. La plupart des commentateurs comprennent: du fait de cette alternative. Jâmî rapporte plus spécialement l'attribution au second terme: à partir du moment où Dieu revêt la forme d'Abraham, toutes les attributions peuvent Lui être rapportées. Cette interprétation se justifie plutôt par le contexte immédiat que par l'ensemble du passage.
  8. Suivant les données traditionnelles, le Très-Haut rit, s'étonne, éprouve la faim et la maladie, etc.
  9. Il s'agit de l'Homme Universel qui réalise initiatiquement ces Attributs.
  10. Haqqun la-hu.
  11. Haqqun li-l-Haqq.
  12. Formule coranique dont le sens est expliqué par le verset cité ensuite.
  13. La même idée a été exprimée en des termes semblables, et avec une référence plus précise à Cor. 1,2, dans le chapitre précédent ($1, dernier alinéa).
  14. Cor. 11, 123.
  15. Ce symbolisme sera développé plus loin ($4 et 6).
  16. Yatakhallalu, de la même racine que khalil.
  17. Nisab. Il s'agit de relation conceptuelle sans réalité propre, qui proviennent de l'homme individuel et n'ont de raison d'être que pour  lui.
  18. Ce Hadith a été cité dans le premier chapitre (cf. n. 81).
  19. Ilâhan; c'est le terme qui désigne la "fonction Divine".
  20. A'yumu-; littéralement: de nos êtres.
  21. Il s'agit du Prophète.
  22. Hukamâ. Burckhardt traduit par "sages" et en conclut qu'il s'agit d'une simple "différence de perspectives" car "les sages ne se trompent pas" ! Tel n'est sûrement pas l'avis d'Ibn Arabi lorsqu'il mentionne Abû Hamîd, c'est-à-dire Ghazâli.
  23. Dalîl; littéralement: l'indication, l'indicateur.
  24. Littéralement: dans un deuxième état.
  25. Littéralement: leurs essences, c'est à dire celles qui constituent le monde.
  26. Wujûdu-hâ; littéralement: la réalité actuelle.
  27. Ces précisions développent la distinction initiale de l'alinéa: en tant que "le monde n'est rien d'autre que Sa théophanie, Il est l'informateur à Son propre sujet; en tant qu'"Il se diversifie en de multiples formes", Il est l'informateur au sujet de Sa Divinité.
  28. Les formes de Sa théophanie varient suivant les haqâ'iq, c'est-à-dire les différenciations principielles et immuables, et les ahwâl, c'est-à-dire les états passagers et changeants.
  29. C'est à dire dans le miroir de la réalité actuelle (wujâd).
  30. Yahkumu. Cette traduction est en accord avec le contexte, mais l'on pourrait traduire aussi par "détermine". La notion de hukm, "détermination (statutaire)", considérée en opposition avec wujûd, "réalité actuelle", joue un rôle essentiel dans la suite du texte (cf. §4). Le jugement effectif n'est que l'application particulière de la détermination principielle.
  31. La première affirmation correspond au premier dévoilement, et la correction faite ensuite au second.
  32. Cor., 6, 149. Sur la doctrine exposée ici, cf. L'Esprit universel de l'Islam, chap. VIII.
  33. Le jour de la Résurrection.
  34. Yukshafu ' an sâqin (Cor., 68, 42) : littéralement "une jambe sera mise à nu". Allusion au fait qu'au Jour de la résurrection la réalité véritable des êtres sera dévoilée à tous. Sâq pouvant désigner aussi le tronc d'un arbre, les commentateurs de ce chapitre en font un équivalent de asl, terme qui désigne lui-même la racine ou le tronc et qui comporte, de ce fait, le sens abstrait de "principe", "fondement".
  35. Al-Amr.
  36. Dans leur état de non-manifestation.
  37. Y compris à leurs propres  yeux.
  38. Cor., 6, 149. Il s'agit de la suite du verset cité au début de ce paragraphe.
  39. Traduite pas "si".
  40. Imtimâ' li-intimâ'; cf. Futûhât, chap. 17 cité dans les sept Etendarâs, p. 58.
  41. Littéralement: de l'être contingent, mais il s'agit ici d'une définition de la contingence.
  42. C'est à dire, en l'occurrence, que l'ensemble des hommes sont guidés.
  43. Sous-entendu: selon la réalité véritable.
  44. Ibn Arabi interprète la fin du verset qui met en cause la bonne compréhension de la doctrine de la mashi'a (la Volonté principielle dont il sera question dans l'alinéa suivant) à laquelle fait allusion son début.
  45. La Volonté Divine est envisagée successivement dans le passé, le présent et l'avenir, ce dernier étant indiqué par l'expression "s'Il voulait" (sous-entendu: Il vous guiderait tous) qui intervient dans plusieurs passages coraniques.
  46. Fa-hal yachâ' hâdhâ mâ lâ yakûna. La plupart des commentateurs n'introduisent aucune séparation dans la phrase et considèrent hâdhâ comme le complément direct de yachâ'; ils comprennent alors: "De même s'Il voulait; car pourrait-Il vouloir ce qui n'est pas ?" Jandî, suivi par Ismaël Haqqî et Afîfî, introduit cette séparation et considère que le complément direct de yachâ' est sous-entendu. De sorte que hâdhâ devient le sujet de la fin de la phrase: "Mais pourrait-Il vouloir (pareille chose) ?", c'est à dire opérer une existenciation qui contredirait ce que l'être comporte dans son état principiel.
  47. Nisâ, singulier de nisab; cf. supra, n.17.
  48. Mâ huwa 'alay-hi fi 'ayni-hi.
  49. Cette remarque finale clôt le développement incident donné en réponse à l'objection formulée au début de l'alinéa 2 par référence au verset " s'il avait voulu".
  50. Cor., 37, 164. Il s'agit d'une parole dite par les anges mais dont Ibn Arabi étend ici par la signification à l'ensemble des créatures.
  51. Fî wujûd-ka par opposition à fî thubûti-ka (état immuable). Wujûd est traduit ici par "existence", "réalité propre" et "réalité actuelle".
  52. Al-mawjûd.
  53. Qâchâni considère que cette phrase peut se rapporter à ce qui précède; on comprend alors: "A plus forte raison en sera-t-il ainsi si l'on maintient que l'être doué de réalité, c'est toi, même si c'est Allah qui opère la détermination (de ton être principiel en vertu de Sa Toute-Possibilité); car (s'agissant de ton existenciation) seule Lui revient, etc. "En ce cas, il s'agit d'une détermination Divine opérée avant l'existenciation de l'être, alors que, selon l'interprétation que nous avons retenue, il s'agit plutôt d'une détermination théophanique inhérente à cette existenciation.
  54. Ce symbolisme sera repris et développé au §6.
  55. Al-amr.
  56. Mâ anta 'alay-hi.
  57. L'expression est très forte puisque l'on peut aussi comprendre : "Il est mon adorateur".
  58. Usâ'idu-Hu fa-as'adu-Hu. Il s'agit de la IIIème et de la IVème forme du même verbe.
  59. C'est à dire parce que je Lui apporte assistance et faveur. Nâbulusî et Jâmî adoptent la variante ka-dhâlika qui introduit une analogie : De même, Dieu m'a donné l'existence, etc.
  60. Tel qu'il a été décrit au début du chapitre et expliqué aux §4 et 5.
  61. Sunna.
  62. Muhammad b. Abdallâh Masarra al-Jabalî (269H. - 319 H.) est un  Maître andalou. Sur la doctrine mentionnée ici, cf. Futûhât, chap. 13; vol. II, p. 348 de l'éd. O. Yahya.
  63. Takhallala, terme de la même que khalîl. Littéralement : pénètre l'essence (dhât) de celui qui est nourri, de sorte que rien n'échappe à cette pénétration.
  64. Cf. R. Guénon, les états multiple de l'Être, chap. I.
  65. Sous-entendu : dans une perspective proprement initiatique. Selon Jâmî, cette phrase finale peut être considérée comme la principale annoncée par le début du paragraphe : "Comme l'Ami-intime possédait ce degré, il fallait nécessairement qu'il pénètre, etc."
  66. Kawnî. La majuscule se justifie par le fait qu'il s'agit de l'Homme Universel.
  67. Bi-nâ. Selon Bâlî, bi a ici le sens de lî: "et nous sommes à nous".
  68. Expression coranique (cor., 33, 4) par laquelle Ibn Arabi conclut un grand nombre de ses textes, notamment dans les Futûhât.